Séduite par le décor de ce cabinet d’ophtalmologie — palette sourde de verts et de gris, papier peint gravé façon forêt, mobilier épuré aux lignes contemporaines — j’ai proposé trois interventions florales pensées comme une signature discrète, chacune installée dans un coin différent du parcours patient.
Au fond d’un couloir, une rose géante en mousse EVA, dans un bleu poudré délicat, se détache sur le papier peint illustré représentant une canopée dessinée à l’encre. Montée sur tige métallique fine avec ses feuilles graphiques, elle joue sur le contraste entre la texture mate et sculpturale de la mousse et le motif linéaire du mur, comme une apparition botanique au cœur d’un décor déjà végétal.
Dans un renfoncement du couloir, un bouquet de pivoines dans des tons vert poudré, blanc et gris perle s’associe à des marguerites au cœur jaune vif — une combinaison pensée pour reprendre la charte graphique du cabinet, entre douceur minérale et touches lumineuses. Installées sur tiges hautes contre le même papier peint arboré, les fleurs semblent émerger directement du feuillage dessiné, brouillant la limite entre l’illustration murale et la sculpture en volume.
Enfin, dans un renfoncement architectural du couloir, une composition sphérique et aérienne — évoquant une grande ombelle éclatée, entre agapanthe et allium — se déploie sur une tige métallique verticale au design épuré. Ses pétales bleu poudré, fins et légèrement froissés, rayonnent depuis un cœur dense en une multitude de directions, créant un point de lumière douce qui accompagne l’éclairage architectural du lieu.
Ensemble, ces trois pièces installent un même vocabulaire chromatique — bleu poudré, vert sauge, blanc cassé — décliné en trois gestes différents, pour transformer un simple couloir de cabinet médical en un parcours sensoriel apaisant.